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Vincent Stiévenart : Un producteur bio engagé

04 juin 2024 - Le légume du mois

Vincent Stievenart, producteur bio engagé de la Coop Alimentaire

Vincent Stiévenart : un producteur plus bio que ça, tu meurs !

Installé à Chapelle à Wattines, Vincent Stiévenart, est un producteur bio très engagé dans la Coop Alimentaire. Il vient, d’ailleurs, d’en rejoindre le CA, avec enthousiasme.
Son exploitation, la Cense du Moulin, est totalement en bio et concentrée sur le maraîchage et la culture de fraises, avec quelques cultures de céréales, de pommes de terre et des prairies qui accueillent ses moutons. Vincent est également l’un des producteurs qui soutient le projet du magasin coopératif « La Consigne » à Leuze.

 

30 ans de maraîchage

Initié à l’agriculture par son grand-père, Vincent Stiévenart reprend le flambeau de la ferme familiale, il y a une trentaine d’année.
Après des débuts insatisfaisants avec l’agro-industrie, il décide de reprendre les rênes de son exploitation et de s’éloigner de ce modèle qui l’oblige à produire et investir toujours d’avantage.

 

L’autonomie dans la production de plants

L’essentiel des plants de la Cense du Moulin sont produits sur la ferme avec des semences paysannes. Vincent récolte également les graines de certaines de ses productions, persil, coriandre, courges ou encore tomates, et cela afin de garder le maximum d’autonomie. Cette indépendance lui est essentielle, comme est vital pour lui le plaisir de voir pousser les plants semés à la ferme. Il les laisse grandir sous serre, sans chauffage, pour rendre les plants plus résistants, à l’exception des tomates et poivrons qu’il fait germer at home !

 

Travailler avec la nature malgré les difficultés

Le projet de Vincent se précise au fil des années ; il travaille au maximum avec la nature, quelles qu’en soient les difficultés.
En plus de renoncer à l’utilisation de produits phytosanitaires (pesticides, fongicides etc…), il plante des haies variées, installe des nichoirs, utilise des purins et décoctions naturelles et apprend à composer avec limaces, ramiers et choucas.

L’aventure n’est pas simple car ceux-ci affectionnent particulièrement les cultures en bio. Etonnant ? Oui, et pourtant cette information est confirmée par d’autres producteurs de la Coop alimentaire qui constatent également des dégâts plus importants sur leurs cultures, celles de maïs notamment. Pas si bêtes, les bêtes ! Elles savent ce qui est bon pour elles.

 

Préserver les sols et les butineurs

Vincent est très attentif à ne pas laisser des sols nus et à offrir la nourriture nécessaire aux abeilles et autres pollinisateurs. Une grande biodiversité est entretenue sur l’exploitation. C’est essentiel dans son projet. Vincent a décidé de faire cela pour se sentir juste et bien !

 

Vincent est également producteur de fraises bio

Dans son coin, c’est encore le seul producteur de fraises en bio. Vincent a décidé, depuis longtemps, de se passer de tous les produits utilisés pour supprimer les ravageurs ou éviter le pourrissement des fraises. Selon lui, ils sont très toxiques pour les mangeurs et mangeuses.
« Je trouvais cela important, quand les enfants de la famille étaient petits, qu’ils ne doivent pas dire : « Ca on peut manger ? Et ça ? ». Ils pouvaient courir un peu partout dans les serres ou sur le champ et croquer un légume ou une fraise sans problème »

En janvier dernier, quand la campagne était sous la neige, des chevreuils sont venus brouter quelques jeunes plants de fraisiers. C’est la première fois que cela lui arrive. Les sangliers commencent également à représenter un problème pour ses cultures de pommes de terre et de carotte. Vincent cherche des solutions qui soient respectueuses de la nature. Vous ne le verrez pas s’armer d’un fusil !

 

La tempête de 2022, un coup dur, pour lequel il n’y a pas d’assurance possible

En février 2022, Vincent est victime d’une tempête violente, celle qui a fait tomber l’une des grues du Chwapi à Tournai. La majorité de ses serres se retrouvent au sol.
« On était vraiment rien du tout à côté de cet ouragan, je ne souhaite cela à personne. Et pour les dégâts des serres, nous en tant que producteurs maraîchers, on ne sait pas avoir d’assurance. Même pour la plus grande serre dont les pieds sont bétonnés, on ne peut pas avoir d’assurance. Il faut vraiment une serre en verre pour être assuré. Mais toi, si tu as une petite serre dans ton jardin, en plastique ou en verre, ton RC habitation va remplacer ta serre. Nous c’est notre outil de travail, que dalle ! On comprend pas. Et la tornade n’a pas été déclarée comme exceptionnelle. Débrouille ! »

Soutenu par une élan citoyen, Vincent se relève les manches, avec Michaël, son indispensable bras droit.
« Pourquoi j’aime ce métier, je sais pas…(rires) C’est une passion de toujours et j’espère pouvoir la transmettre, que ça continuera après moi ! »

Nous avons réalisé plusieurs vidéos sur Vincent, retrouvez-les sur notre chaîne Youtube.